Vendredi 5 juin 2009
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Il y quelques années, en descendant du bus, j'ai entendu un vieux maudire le jour où le colonisateur a été mis dehors de notre pays. Ne doutant pas de sa qualité de moudjahed, j'ai été sous
le coup scandalisé par son comportement. Bien des années plus tard, je compris son dépit et celui de millions de mes concitoyens pour lesquelles seule la couleur de la peau du colonisateur a
changé. A bien réfléchir, si le noble combat de nos ainés pour l'indépendance était guidé par la soif de liberté et de justice, le constat d'aujourd'hui est
amer et justifie à postiori la colére du vieux. Les clivages créés par une gestion au gré des humeurs,depuis l'indépendance sont multiples, allant de la langue jusqu'à la religion en passant par
l'écart insolent entre les laissés pour compte et les nouveaux riches de l'import-import et de trafics tous azimuts. Le peuple désabusé mais pas dupe s'enfonce de jour en jour dans une incivilité
totale, caractérisée par le chacun pour soi et dont les effets sont visibles à l'oeil nue. La saleté de nos villes, les bidonvilles, le non respect des lois, le vol d'electricité et de l'eau, le
tapage nocturne, le squat des logements, la violence dans les stades, les luttes fraticides, les marchés informels,etc sont devenus banals, sous le regard impuissant ou
indifférent des élus et des gouvernants. La course aux priviléges pour certains cotoie la lutte pour la survie de la majorité du peuple. Cette poudriére,dont la méche est pour l'instant éteinte,
grâce à la manne du pétrole, néccessite le rassemblement de tous les algériens fiers de leur passé et attristés de cette situation. Demain, il sera trop tard.
Par aigle du djurdjura
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